A un journaliste français qui lui pose un jour la question de savoir ce que la Chine apporte au Cameroun, Paul Biya répond : « Oooh, beaucoup d’amitié, certains projets… On coopère… comme la France, mais la Chine n’enlève rien a personne! ».
Des années passent, de l’eau coule sous le pont, et on oublie cette banalité (n’y voyez aucune connotation péjorative). Un coup dur porté contre Emmanuel Macron, actuel président de la France. Le président Biya a donc célébré l’amitié sino-camerounaise au détriment de la France.

Puis, vint l’occasion de la dernière visite d’Etat du président camerounais en Chine (22-24 mars 2018). Ceux qui ont pourtant une sainte horreur des réseaux sociaux qui selon eux passent le temps à distiller des mensonges sur le « gentil » président camerounais se piquent soudainement d’un fol amour pour lesdits réseaux sociaux qu’ils inondent à en perdre haleine de cette réponse du président au journaliste français, et s’empressent de l’accompagner de commentaires laudateurs et tendancieux qui font voir en Paul Biya, un nouveau Lumumba, un autre Sankara, mieux, une réincarnation des Gbagbo, Kadhafi, et autres Chavez…, qui révèle la nature néfaste de la France qui enlève tout à ceux qui coopèrent avec elle, contrairement à la Chine qui fait dans le « gagnant-gagnant ».

Le tour était joué ! Une vague de sympathie déferle sur le président camerounais pourtant arrivé au pouvoir grâce à la France, et maintenu au pouvoir par la France d’Emmanuel Macron, requinqué au moment où son pouvoir vacillait dans les années 1990 par cette même France, dont l’ambassadeur au Cameroun à l’époque, un certain Yvon Omnes de triste mémoire, fut même l’entremetteur des régimes Mitterrand et Biya, le missi dominici du président gauchiste de la 5ème république française auprès de son « meilleur élève » (sic) subtropical, et vis-versa.

Hormis l’intermède du rancunier et cynique Sarkozy où le potentat néocolonial camerounais fut un peu mis à mal pour la simple raison -selon des sources plus ou moins crédibles- que contrairement à Kadhafi c’est plutôt à Ségolène Royal, adversaire de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle française de 2007 qu’alla la grande partie de l’appui financier du président camerounais, le président camerounais a toujours bénéficié de la bienveillance ou de la complaisance de la France. Même sous François Hollande

En fait, ceux qui sont tombés dans le panneau de la légende d’un Paul Biya anti-français ont tout faux ! Paul Biya voulait simplement dire au journaliste français que quelque soit la nouvelle orientation « multilatéraliste » de la coopération du Cameroun qui laissait percevoir un net positionnement de la Chine au Cameroun, cela n’enlevait rien au fait que les autres partenaires du Cameroun y ont toujours leur place. Plus prosaïquement, cela voulait dire que la Chine ne grappillait pas dans les intérêts de la France au Cameroun.

Venant du président d’un pays constamment drogué à l’anabolisant –à long terme dommageable- de l’aide internationale, cela n’avait rien de mal. A contrario, c’était une marque de réalisme du chef de l’Etat malade du Cameroun qui, à l’allure où vont les choses, a et aura toujours besoin de multiplier les médecins au chevet de son pays.

C’était cela le vrai sens du propos biyaien qui a été présenté par des laveurs de cerveaux comme une boutade anticolonialiste, alors que le pauvre président n’a ni les qualités, ni la capacité nécessaires pour camper une telle posture, lui qui est obligé de recourir même aux « docteur-la mort » pour tenter de sauver du naufrage non pas son pays, mais son régime !

En fait, l’expérience a prouvé que toutes ces bonnes âmes qui volent spontanément à la rescousse du Cameroun donnent toujours peu pour prendre beaucoup.

Par exemple, au lieu de prêter 75 milliards au Cameroun pour que le pays de Paul Biya vienne chez elle fabriquer des ordinateurs PB-Hev 32 gigas = 500 gigas alors que le suppôt français de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara est en train de mettre sur pied une usine de fabrication de 2000 ordinateurs par jour (soit 730.000 ordinateurs par an) pour seulement 4 milliards, la Chine aurait pu prêter cette somme au Cameroun, moitié en espèces sonnantes, moitié en techniciens chinois pouvant aller sur place au Cameroun pour aider ce pays à acquérir les connaissances nécessaires à la fabrication de vrais ordinateurs cette fois-ci. C’est ce qu’on appelle « le transfert des technologies ». Ça développe un pays, ça crée des emplois et la valeur ajoutée, contrairement à la politique du « prêt à consommer » qui a actuellement les faveurs du Cameroun et de ses partenaires étrangers. Tous autant qu’ils sont d’ailleurs !

Mais l’histoire des relations internationales est ainsi faite que, comme le disait le colonialiste De Gaulle, entre Etats il n’y a pas d’amis, mais que des intérêts. Autrement dit, personne ne fait rien pour les beaux yeux de… personne. Alors si vous êtes suffisamment cons pour ne pas savoir quels sont vos intérêts, vous avez beau opter pour les puissances qui ne mettent pas sur vos régimes la pression de la démocratisation réelle de vos Etats –qui a ceci de particulier qu’elle est un gage de consensus social ou national autour des défis à relever et qu’elle stimule la créativité et l’inventivité contrairement à la dictature où tout ne se fait que sur « TRES-HAUTES-INSTRUCTIONS-DU-CHEF-DE-L’ETAT »-, mais se contentent de vous administrer des pansements sur des plaies non désinfectées, question de ne pas vous heurter, vous nagez en pleine désillusion et fuite en avant.

Alors, sus à la masturbation intellectuelle des Camerounais qui se branlent déjà plus que d’ordinaire les méninges pour se démerder de leurs quotidiennes misères.

Source: camerounweb.com

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