voir ce qui s’annonce, PAUL BIYA va nommer les sénateurs dans cette région et parmi eux, sortira le futur président du sénat. C’est ce qui ressort d’une certaine observation des jeux politiques à travers une grille de lecture propre au jeu politique tel que l’homme lion l’affectionne.

C’est désormais clair et le doute n’est plus permis car au-delà des supputations qui vont bon train, et au-delà du jeu trouble dont certains au sein du sérail sont passés maître dans l’art, il faut pourtant se rendre à l’évidence que l’Ouest a d’ores et déjà perdue la présidence du Sénat. Ces nouvelles élections consacrent également une nouvelle configuration de la carte politique du Cameroun. Nombreux sont ceux qui pensent, et à raison que la crise anglophone actuelle y est pour beaucoup dans cette nouvelle configuration de la carte géopolitique du Cameroun. Si de manière simpliste, ils sont légions qui croient que les régions anglophones sont moins à la portée du parti au pouvoir que les autres régions dites francophones, il n’est pas juste de croire que les régions dites anglophones, le sont moins. C’est tout le contraire. Elles sont aussi malgré les résultats actuels  sous l’emprise du RDPC.

Deux faits majeurs ont émaillé cette élection dans le nord-ouest. On peut légitimement penser à la mise à l’écart du patriarche Simon Achidi Achu comme étant une sanction ou encore un désaveu complet de son ami de toujours. Que non ! C’est une stratégie qui permet qu’au moment opportun, il soit bien mis sur la sellette. Sinon comment peut-on légitimement croire aussi facilement que le Prince peut de façon aussi légère se débarrasser de son ami de longues dates ? Et qui plus est le point focal le plus sûr du parti des flammes dans cette région. Le Patriarche Achidi Achu est certainement vieux, croulant peut-être, mais en politique personne ne le sait mieux que Paul Biya que c’est dans la vieillesse que l’on est plus fort.

Secondairement, beaucoup estiment que le fait d’avoir promu à l’administration Territoriale, Paul ATANGA NJI, mal aimé chez lui, donc impopulaire, qui a été désigné responsable politique de ce côté-là est la goutte d’eau qui aurait débordé le vase au point de pousser les conseillers RDPC à voter contre leur parti, et pourtant, le Rdpc possédait la majorité. Et si ce n’était qu’un jeu bien programmé par le principal sphinx politique pour des desseins que nous soupçonnons? Un membre influent du parti nous le confirme d’ailleurs : Paul Biya en posant ces deux actes savaient pertinemment le résultat que ces actes allaient produire.

On a pu voir les uns et les autres à la manoeuvre, chacun ou chaque camp, affûtant ses armes, chacun selon ses capacités et chaque capacités selon ses moyens. Le lobbying y allait bon train. Ici comme ailleurs, les états généraux des partis ont eu du grain à moudre. Aucune région, aucun département ne connaissait l’accalmie en dehors de certains départements dans certaines régions presqu’acquises au Rdpc avec l’absence notoire de l’opposition tout.

Toutes fois, ces élections sénatoriales ont suscité un engouement majeur fort intéressant et bien différent dans son organisation et sa couverture par rapport aux dernières élections observées en 2013. Un fait majeur tout de même ; l’absence quasi-totale d’actes de  violence.

LE RAZ DE MAREE DU RDPC A L’OUEST

Depuis l’élection de 2013, l’eau a beaucoup coulé sous le pont et les partis d’opposition sont devenus que plus fragiles. Si hier le jeu électoral avait permis la disqualification de certaines listes Rdpc, permettant au passage l’élection de la liste du SDF de l’Ouest, avec les Sénateurs Sonkeng et autres, Aujourd’hui avec l’expérience, il n’en n’a pas été le cas. C’est un raz de marée générale. Et la région de l’Ouest est redevenue un bastion naturel du parti au pouvoir dont les autorités politiques et traditionnelles veulent que le président Biya leur refasse confiance.Le département des Bamboutos, des hauts plateaux, de la Mifi, du Ndé et du Haut-Nkam n’ont pas manqué à l’appel. Comme en bandes serrées, les responsables politiques ce sont mobilisés pour barrer la voie à la diversion et à l’imposture. Question d’embarrasser le prince sur son futur choix. Enfin, le principal parti de l’opposition le Social Democratic Front de l’inamovible Ni John Fru Ndi à qui le chef devait tout faire pour lui ménager une présence au sein de l’hémicycle afin de donner une chance au débat politique est bien à sa place avec la conservation de son bastion naturel.

Au final, Trente places restent donc à pourvoir et c’est au président Paul Biya d’en  redistribuer. Certainement qu’il a déjà sa petite idée là-dessus, lui qui est un joueur d’échec sans nul autre pareil.

© Source : Afrique Performance

 

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