La région s’estime grandement lésée. L’ambiance s’est sacrement refroidie dans la région château du Cameroun après le dernier réaménagement gouvernemental du 02 mars dernier.

Un air de déception après une longue attente qui s’est avérée vaine. Dan le registre de la comptabilité gouvernementale, cette région fait figure d’enfant pauvre du Renouveau. Avec ses trois ministres – Abba Sadou (Marchés publics), Nana Aboubakar Djaloh (ministre délégué) et Mme Koulsoumi Alhadji Epse Boukar -, l’Adamaoua fait office de petit poucet à côté de la région du Centre qui compte 19 de ses fils et filles au gouvernement.
Elle talonne de près le Nord qui en compte 05 et est largement devancée par l’Extrême-Nord qui enregistre 09 ministres.

Pour faire simple, et sur le seul critère du nombre au gouvernement, la région château d’eau du Cameroun pointe à la dernière place. La colère des fils et des filles de l’Adamaoua vient de ce que cette situation n’est pas seulement de circonstance. Elle se situe dans la droite ligne du sort que lui réserve Paul Biya depuis son accession au pouvoir en 1982. En 36 ans de règne, Paul Biya a remanié 33 fois son gouvernement.

Sur les 308 ministres utilisés, 84 viennent de la région du Centre, 42 de l’Ouest, 29 du Littoral, 28 de l’Extrême-Nord… et seulement 11 de l’Adamaoua. Si l’ex-ministre de l’Elevage, Hamadjoda Adjoudi, par sa longévité au gouvernement, aura certainement contribué à maintenir ce nombre au rabais, il n’en reste pas moins que ce chiffre traduit le peu de considération politique accordée à cette région. «Un ministre de plein exercice et deux sousministres, voilà à quoi nous sommes réduits», regrette un député Rdpc de la région.

En effet, ici, des départements n’ont jamais connu le bonheur de compter un de leurs fils dans un gouvernement de Paul Biya depuis que celui-ci a accédé au pouvoir en 1982. Il en est ainsi du Djerem et du Mbéré. Le premier département cité se trouve dans une situation si dramatique que ses élites préfèrent en rire. «Ce n’est pas un conte de fée. La personnalité la plus importante dans le Djerem se trouve être un directeur des Affaires générales de ministère. Rions de cela pour ne pas avoir de crise cardiaque», explique Mohaman, ressortissant du Djerem. Même rengaine dans le Mbéré où les populations ne savent plus à quel saint se vouer.

«Les remaniements et réaménagements passent, mais nous ici dans le Mbéré, nous n’avons toujours que nos yeux pour pleurer. Malgré tous nos efforts, nous sommes toujours dans le noir», murmure un élu Rdpc de ce département. Désormais, les regards de la région de l’Adamaoua sont plus que jamais tournés vers le chef de l’Etat, le seul à même de pouvoir redonner du sourire aux coeurs meurtris.
«Cette région ne compte qu’un seul directeur général, Koutou Denis qui dirige la Sodepa et un seul secrétaire général de ministère en la personne de Nyongwen Joseph. Il y a tellement de postes vacants dans cette République et de nombreux hauts cadres originaires de l’Adamaoua que l’on en vient à nous demander si nous ne sommes tout simplement pas maudits. Que Paul Biya jette aussi un coup d’oeil dans notre direction», plaide Ousmanou, enseignant à Ngaoundéré.

En attendant que son cri soit entendu, l’Adamaoua doit bien se contenter de sa triste dernière place. Et de son titre «d’enfant mal-aimé du Renouveau».

Source: actucameroun.com

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