Depuis son lancement en 2016, le Bunec en charge de sécuriser l’état-civil n’a pas encore fait ses preuves.

Depuis la semaine dernière, une histoire rocambolesque anime les conversations des camerounais. En effet, alors que se tenaient les élections au sein du Conseil national de la Jeunesse du Cameroun, certains candidats se sont vus retirés de la liste par le ministre de la jeunesse et de l’éducation civique MounounaFoutsou. La raison, chacun d’eux avait plus d’un acte de naissance, l’un ayant jusqu’à quatre.

En effet, ce n’est pas du tout étonnant. Car, de nombreux camerounais savent qu’il est possible dans ce pays de voir un seul individu avec plusieurs actes de naissance tous avec un âge différent. Dans le langage populaire, les camerounais disent de cette pratique qu’il s’agit: « D’être né à Kumba ».

La pratique est tellement ancrée dans les habitudes qu’elle s’est banalisée et devient même la norme. N’importe quel étranger peut à coup de Fcfa obtenir un acte de naissance authentique dans une mairie ou chez l’officier d’état-civil du coin. Visiblement, lenoeud du problème réside dans l’établissement des actes de naissance.

Or, en 2007, l’Etat camerounais a lancé le processus de réhabilitation et de réformation du système de l’état civil. En 2011, la loi portant organisation de l’état civil a été promulguée. Cette initiative a abouti à la création en 2015 du Bureau National de l’état civil (BUNEC). Cette structure devrait en principe centraliser les données issues des centres d’état Civil pour constituer un fichier national de l’état civil. Cela devrait permettre d’enregistrer progressivement de manière informatisée tout acte d’état civil délivré par un centre.

Logiquement parlant, le BUNEC pourrait concevoir un système d’alerte et de détection automatique de toute tentative d’établissement d’un double acte de naissance ou de tout autre document d’état civil.

Nous nous sommes rendus dans les services du BUNEC, pour savoir ce qu’il fait depuis son fonctionnement, pour tordre le cou au phénomène. « Nous fonctionnons depuis 2016 et entre notre mise en place et le démarrage de nos activités, il y a beaucoup de choses à faire », se défend un responsable du service de normalisation et du contrôle des centres d’état civil du BUNEC. Il ajoute que petit à petit, le BUNEC met en place des mécanismes pour mettre un terme à toute tentative d’établissement de double acte de naissance ou de tout autre document d’état civil. Et son collègue d’ajouter que d’ici 03 à 04 ans, on n’entendra plus parler de faux actes d’Etat civil.

Cependant, nous pensons que pour que le système réussisse, il faudrait au préalable que les mairies et les différents centres d’état civil s’arriment effectivement aux technologies de l’information et de la communication. Ce qui suppose que chaque centre dispose d’ordinateurs et d’une connexion internet.

L’enregistrement des actes d’état civil doit impérativement se faire non plus de manière manuelle dans un plumitif en papier mais aussi directement dans un ordinateur. Ainsi, chaque fois que l’ordinateur en question est connecté à internet, que les données soient automatiquement envoyées au centre de stockage du BUNEC.

SOURCE: Emergence

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