Si le célèbre avocat et troisième de la fratrie trouve que sa sœur cadette est en droit de réclamer le partage de l’héritage, il regrette que cela soit sorti du cadre familial.
L’équipe de campagne de Akere Muna, candidat déclaré du Mouvement « Now ! » à l’élection présidentielle de 2018, a organisé un déjeuner avec la presse, hier à Yaoundé. Invité (surprise ?) de cette rencontre qui aura duré environ deux heures d’horloge, l’ancien bâtonnier est longuement revenu sur les accusations de « détournement de succession » portées contre son frère Bernard et lui-même par leur sœur cadette, l’ancienne ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna. Il dit d’ailleurs ne pas comprendre lesdites accusations.

« Notre famille est très intègre : il y a deux avocats, un chirurgien cardiologue, un ingénieur agronome et ma sœur qui est interprète-traductrice. Le premier fils de Bernard est médecin, celui de Daniel est avocat et travaille dans un grand cabinet aux Etats-Unis, etc. », précise-t-il d’entrée de jeu.

Avant de s’interroger : « S’il y avait un problème de succession, toutes ces personnes-là resteraient-elles dociles tandis qu’une seule réclame ? ». Convaincu de ce que sa sœur « est en droit de demander le partage, mais ce qu’elle réclame, elle le fait en famille parce que ce procès en ce qui me concerne, est banal ». Pour le fondateur et ancien président de l’antenne camerounaise de l’organisation non gouvernementale (Ong) Transparency International, la succession Muna est « sans histoire ».

Mais, « nous avons voulu appliquer une tradition qui voudrait qu’on hérite en sautant une génération. Ce qui voudrait dire que, les biens que me laisse mon père, je les lègue aux petits-enfants parce que moi, je dois normalement vivre du fruit de mon travail. Et ce que j’hérite devrait passer aux petits-enfants pour pérenniser la succession. Au fait, qu’est-ce qui coince ? », s’interroge-t-il. Et de poursuivre :

« Mon frère Daniel décède après cinq ans de maladie – il souffrait d’un cancer – et n’a pas eu le temps d’arranger tout cela. Quand je prends la succession et au moment où je décide de procéder au partage, je réalise qu’on n’avait pas fini avec le fisc et qu’il y avait forclusion, puisque le délai de 10 ans était largement dépassé. Entretemps, une loi est votée et dit que la forclusion passe désormais de 10 ans à 30 ans. Seulement, la loi ne peut pas rétroagir. On repasse une autre loi qui dit que ce texte peut rétroagir », confie-t-il.
A en croire l’ancien président de l’Union africaine des avocats, c’est le long contentieux qui s’en est suivi qui a créé des blocages, « sinon, tout aurait été réglé depuis longtemps ».

« La succession Muna est une succession des plus faciles. Mon père n’était pas dans des sociétés, il n’avait pas de compte bancaire à l’extérieur, il a juste des immeubles. A Yaoundé, il y en a un seul, là où j’habite. A Douala, il en a deux. L’un où se trouve une partie de la clinique de mon frère, et l’autre où habite sa veuve. A Buea, il y en a un ; c’est là qu’habite mon frère Georges. Et à Limbe, il y a un autre. A Bamenda, il y a la maison familiale et un terrain. Au village aussi », détaille celui qui avait été désigné comme l’unique administrateur des biens de la famille, après le décès de l’aîné de la fratrie – Daniel Muna – en 2009.

Jean De Dieu Bidias

Source : Mutations

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