Trois personnalités camerounaises, dont un ex-ministre, ont été écrouées à Yaoundé pour malversations financières présumées dans le cadre de l’opération anti-corrpution “Epervier”, a indiqué jeudi à l’AFP une source judiciaire.

Louis Max Ohandja, ex-secrétaire d’Etat auprès du ministre des Travaux publics, chargé des routes, Jean William Sollo, ancien patron d’une société publique et Bruno Bekolo Ebe, ex-recteur de l’université de Douala, ont été placés mercredi soir en détention provisoire à Kondengui, la prison centrale de Yaoundé, a précisé cette source.

“Il leur est reproché des malversations financières, mais les montants ne seront connus qu’au terme des informations judiciaires qui seront ouvertes”, a expliqué un responsable du Tribunal criminal spécial (TCS), organe judiciaire qui a inculpé les trois personnalités.

M. William Sollo, selon la même source, est visé par une procédure pour un supposé détournement de fonds au sein de la Cameroon water utilities corporation (Camwater). M. Sollo a dirigé de 2012 à 2016 cette société publique qui a récemment repris à une entreprise privée le service de distribution de l’eau courante.

MM. Bekelo Ebe et Ohandja sont soupçonnés de malversations financières à l’université de Douala. En 2014, le Conseil de discipline budgétaire et financière, une cellule officielle d’enquête sur les problèmes de gouvernance au sein des administrations et des sociétés publiques, avait déclaré M. Bekolo Ebe débiteur de la somme de 2,4 milliards de FCFA (3.7 millions d’euros).

Une opération controversée
L’ex-secrétaire d’Etat auprès du ministre des Travaux publics, M. Ohandja, a été directeur d’une école professionnelle dépendant de l’université de Douala avant d‘être promu ministre.

L’opération judiciaire “Epervier” de lutte contre la corruption au Cameroun lancée en 2006 a touché de nombreux ex-patrons d’entreprises publiques et ex-ministres.

Un ex-Premier ministre, Inoni Ephraïm a été même été condamné en octobre 2013 à 20 ans de prison pour “détournement de deniers publics” de plus de 1,68 milliard de FCFA (2.56 millions d’euros).

Au Cameroun, “Epervier” suscite des controverses, beaucoup la présentant comme une opération de “purge politique”.

D’anciennes figures du régime à l’instar de Marafa Hamidou Yaya, condamné à 20 ans de prison pour “détournement de deniers publics”, estiment être victimes de règlement de compte politique.

Il a été prêté à ce puissant ex-ministre de l’Administration territoriale (Intérieur) et ancien Secrétaire général à la présidence l’intention de convoiter le fauteuil présidentiel. Il a été cité comme un successeur potentiel de Paul Biya notamment dans des télégrammes diplomatiques américains révélés quelques mois avant son arrestation.

Source: AFP

 

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