Depuis Le retour en force de l’oiseau rapace, il n’est plus aisé voire rassurant d’affirmer qu’un gestionnaire de crédits publics ne peut faire l’objet d’une interpellation par la justice. Affinités politique, familiale, clanique, sectaire, spirituelle scandées jusqu’ici pour justifier l’impunité de la haute délinquance politico-financière semblent désormais s’écrire en lettres minuscules au Cameroun.La politique actuelle de lutte contre les détournements de deniers publics enclenchée en 1997 et vitalisée en 2006 avec « l’opération épervier », entre résolument en ce début d’année 2018, dans sa vitesse de croisière. Certains noms de ministres, directeurs généraux, et autres ordonnateurs de la dépense publique, faisaient très souvent l’objet d’une protection blindée dans les chaumières. Depuis 2012 et la disgrâce de grosses pointures de la vie politique du Cameroun, tels que l’ancien Minadt Marafa Hamidou Yaya, l’ancien Dg de la Camair Yves Michel Fotso, l’ancien Sgpr Jean Marie Atangana Mebara, les canons classiques connus pour échapper aux griffes de la justice après forfait économique ont perdu la vitesse. Ils étaient nombreux ces hauts commis de l’Etat qui clamaient haut et fort à qui voulaient l’entendre, qu’ils étaient immunisés contre la prévention, la punition, la coercition et la privation de liberté en cas de passibilité de crime économique. Ils se targuaient généralement, d’être au dessus des lois de la République.

L’érosion des logiques tribalistes et régionalistes

Le sémioticien politique Charles Ateba Eyene de son vivant, avait commis un ouvrage d’une pertinence encore vivante intitulé « Les paradoxes du pays organisateur ». Il faisait allusion à la région du Sud dont est originaire le président de la République et la gestion patrimoniale du bien public par ses cousins. L’une des raisons de ce « laisser-aller » était qu’ils étaient de même chair et de même sang que Paul Biya. Ce fait humainement inexplicable était devenu un acquis pour les frères et cousins du « nomgui » leur permettant de bouffer tout l’argent des camerounais comme on bouffe le « ndjangui » un dimanche au quartier.

Sont donc par exemple originaires de cette région et pensionnaires ou presque de la prison centrale de kodengui ou du Sed, Gervais Mendo Zé que la Sainte vierge aurait renié, Edgar Alain Mebe Ngo’o maigissant, Noël Essian, David Nkotto Emane, Minette Libom Likeng et Benjamin Gérard Assouzo’o, Pierre Biyiti Bi Essam, des recteurs et doyens d’universités, et des officieux supérieurs des armés et de la police entre autres.

Le cas Mebe Ngo’o qui certainement sera rattrapé par ses frasques commis depuis son bail à la Délégation générale à la sureté nationale, en passant par la défense et les transports. Ce dernier s’est toujours targué d’être un fils de Paul Biya, alors « papa me reprendra comme l’enfant prodige » clamait-il selon des proches. Le président de la République connait très bien ce scenario biblique car étant lui-même fils de catéchiste mais aussi le premier magistrat au Cameroun et promoteur de « l’opération épervier ».

La logique partisane totalement surannée

Appartenir au parti au pouvoir ou encore proche du pouvoir selon les cas comme au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), était un cache-sexe du vol et du viol financiers. Les camarades de parti de Paul Biya, qu’ils soient membres fondateurs de 1985 ou encore les adhérents de la dernière heure, pillaient à outrance les caisses étatiques. Plusieurs hauts commis de l’Etat militants du parti des flammes dont la flamme de la haute délinquance politico-financière brulait dans les coeurs, sont derrière les barreaux. Le cas Mafara membre du bureau politique du comité central du Rdpc en est une parfaite illustration. A coté de lui, Jean Baptiste Nguini Effa ancien Dg de la Scdp, Bapes Bapes de son vivant, Atnagana Mebara ont littéralement réduit la luminosité des flammes du parti de Paul Biya de par leur indélicatesse dans la gestion de la fortune publique.

La significative détérioration de la logique des réseaux maffieux

L’affairisme qui reste encore un élément fédérateur de certains imposteurs de la République, a permis à plusieurs de contribuer à leur manière à l’asphyxiante paupérisation des camerounais qui depuis des lustres, ne cessent de retrousser les manches. Ces couloirs officieux qui ont prépondérance sur ceux officiels, sont devenus de véritables lobbies protecteurs des bandits à col blanc. Ils sont à la présidence de la République, à la Primature, même dans les champs où les tracteurs du comice agro-pastoral de 2011 ont été abandonnés.Comment le rapace, inamovible juge du tribunal de l’histoire managériale des fonds publics, est venu à bout du puissant « réseau de l’eau » ? Ce réseau aquatique était composé du de la Camwater, de la Cde et du ministère de l’Eau et de l’Energie dont le maitre-nageur n’était autre qu’Atangana Kouna alias ‘‘al chapone’’ , a froidement privé les camerounais d’eau. Les réseaux religieux et spirituels n’émettent plus suffisamment d’ondes de manière à sauver un « frater » des griffes du rapace qui fait perdre le sommeil à plusieurs pilleurs de fonds. Franc-maçon, rosicruciens d’or ou d’amorc, toutes les catégories sont représentées à Kodengui. Désormais, les prévaricateurs de la « respublica » devront bien se tenir même s’ils se tiennent au quotidien devant Biya Paul.

L’épervier qui a pris du poids ne sera en santé que s’il aura beaucoup de grains à picorer, heureusement que la liste des personnalités interdites de sortir du territoire est assez longue. Alors, l’oiseau volera aussi longtemps qu’on volera les camerounais et survolera les lois de probité, de la respectabilité, de la moralité et de l’exemplarité. Difficile pour cela désormais de se soustraire à la justice. Déjà nombreux dans les couloirs de Kodengui, ces prisonniers de la 11e région constituant désormais tout un gouvernement, partant d’un PM aux simples fonctionnaires en passant par des Dg, pourraient pourquoi pas demander leur  indépendance ?

Source: camer.be

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