L’ancien ministre de l’eau et de l’Énergie, Basile Atangana Kouna, qui a été limogé du gouvernement le 2 mars 2018 et arrêté plus tard, n’a peut-être pas été le seul acteur du crime pour lequel il est accusé.

Même si les raisons exactes pour lesquelles Atangana Kouna a été récemment capturé au Nigeria et ramené au Cameroun sont encore peu connues, des indiscrétions au niveau de la justice indiquent que son arrestation pourrait être liée à la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) et la Camerounaise des Eaux (CDE).

Rappelons que c’est sous le règne d’Atangana Kouna, directeur général de CAMWATER puis ministre de l’Eau et de l’Énergie, que l’opération de transfert de la gestion et de la distribution de l’eau dans les centres urbains a été conclue entre CAMWATER et la prétendue firme marocaine CDE.

Il apparaît maintenant que non seulement le gouvernement du Cameroun a été volé dans l’affaire, mais que huit barons du régime supérieur, y compris Atangana Kouna, avaient simplement utilisé la supposée entreprise marocaine comme couverture pour s’attribuer le contrat juteux de la gestion et de la distribution d’eau au Cameroun.

Des sources ont révélé à la rédaction de The Guardian Post que des sept autres suspects, l’un est un ancien premier ministre, trois sont actuellement au gouvernement, deux ont été limogés lors du remaniement ministériel du 2 mars 2018 tandis qu’un autre a été limogé du gouvernement en 2015.

Notre source nous apprend également que parmi les sept suspects liés à l’escroquerie CAMWATER / CDE, deux qui ont été limogés du gouvernement en 2015 et le 2 mars 2018 doivent comparaître devant le Tribunal criminel spécial (TCS) cette semaine.

Il serait difficile à l’heure actuelle de confirmer avec certitude si leur comparution est relative à l’arrestation de Basile Atangana Kouna.
Les multiples tentatives de notre rédaction pour en savoir plus sur l’identité des sept barons du régime soupçonnés de complicité dans ce scandale ont été vaines.

Interrogés sur les raisons pour lesquelles elle cachait l’identité des présumés complices d’Atangana Kouna, une de nos sources a rétorqué: « … Mr le Journaliste, ce scandale est non seulement très sensible, mais implique certains des alliés les plus fidèles du président … certains ont été limogés du gouvernement le 2 mars 2018, mais trois autres sont encore en poste ».
Il nous a fait comprendre que le rapide retour de la Chine du président Biya avait été déclenché par l’urgence et la gravité du scandale.

Et d’ajouter « … le chef de l’État a donné des instructions fermes pour qu’une enquête raisonnable soit menée sur le scandale CAMWATER / CDE. Soyez assuré que quiconque est impliqué; indépendamment de sa proximité avec le président sera arrêté et jugé …?».

L’arnaque CAMWATER/CDE

Ce que beaucoup appellent généralement l’escroquerie CAMWATER / CDE a commencé avec la création de la Camerounaise des eaux, le CDE, en 2007.
Le CDE, on le rappelle, est né du désir du gouvernement de fournir et une eau potable de qualité aux Camerounais dans les communautés rurales et urbaines. Le CDE a été fondé par un groupe d’entreprises marocaines et un contrat de 10 ans a été accordé par le gouvernement, qui devait couvrir la période 2008-2018.

Avec le bail accordé à la compagnie, le gouvernement s’attendait à la résolution définitive du problème de pénurie d’eau qui était presque devenu une question de honte nationale. Dans le cadre de cet accord, le CDE était spécifiquement chargé de mettre en œuvre un plan d’action visant le développement durable du secteur de l’eau potable dans le pays, l’amélioration de la qualité de l’eau potable et la qualité des services rendus aux clients.

Mais à peine le CDE est-il devenu opérationnel que la plupart des Camerounais ont commencé à exprimer des doutes quant à leurs services. Non seulement l’eau potable restait un problème, mais les citoyens recevaient le plus souvent des factures d’eau même quand ils avaient des robinets secs pendant la plus grande partie de la période facturée.

Il est également rapporté que la plus grande partie de l’argent injecté par le gouvernement pour des projets d’expansion de l’eau n’a jamais été correctement comptabilisée, en particulier par la direction de la compagnie des services d’eau du Cameroun, à laquelle le CDE était responsable.

En 2016, lorsque les soi-disant «excès» du CDE n’étaient plus tolérables, le chef de l’État avait décidé de ne pas renouveler leur contrat qui devait expirer cette année. Le président Biya a alors demandé à Basile Atangana Kouna, ministre de l’eau et de l’Énergie à l’époque, d’informer les responsables du CDE que leur contrat ne serait pas prolongé.

C’est pourquoi le mois dernier, le président Biya a signé deux décrets; l’une réorganise CAMWATER et l’autre rend entièrement la production, la distribution et la vente d’eau à l’entreprise d’État, ce qui était auparavant du ressort du CDE.

Des sources déclarent que le président Paul Biya est très déçu par l’accord CDE et veut que justice soit faite aux millions de Camerounais qui, pendant 10 longues années, ont souffert de problèmes d’eau potable.

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