Sérail: ces cadres qui font des yeux doux à Biya pour éviter Kondengui voici les détails

Les forces vives de ce département viennent d’adresser une motion de soutien au président de la République au lendemain de l’arrestation de William Sollo, Basile Atangana Kouna et Dieudonné Oyono dans le cadre de l’opération Epervier.

C’est un adage qui est plus que d’actualité. En politique, il faut se garder de se faire des amis. Il faut plutôt préférer les intérêts. L’élite RDPC du département de la Mefou et Akono, dans la région du Centre, l’a fort bien compris en publiant une motion de soutien au chef de l’Etat, président national du RDPC, le 24 mars 2018.

Dans ce texte publié dans l’édition du 04 avril 2018 du quotidien national Cameroon Tribune, pas un mot pour leurs camarades Atangana Kouna, Jean William Sollo et Dieudonné Oyono dans les serres de l’Epervier. On peut rallonger la liste avec d’autres fils de ce département ayant devancé ces derniers à la prison centrale de Yaoundé Kondengui, notamment Jean Marie Atangana Mebara et Jean Baptiste Nguini Effa.

Les militants se sont contentés de remercier le président pour la promotion de Gaston Eloundou Essomba au poste de ministre de l’Eau et de l’Energie et le maintien de Mme Abena Ondoa à la promotion de la femme et la famille, certes.
Mais la manœuvre n’a pas échappé à plus d’un observateur avisé du landerneau politique local. L’on a bien compris qu’il s’agit d’un clin d’œil en direction d’Etoudi, question de faire savoir de manière claire au locataire du Palais qu’il reste gravé dans les cœurs de la Mefou et Akono en dépit des ravages de l’Epervier.

Et d’ailleurs, personne n’a eu le courage d’évoquer un tant soit peu les noms des « bannis», quoique bénéficiant pour trois d’entre eux de la présomption d’innocence. Seul le vice-président de la section RDPC du coin, M. Amvouna Atemengue, a eu le cran d’effleurer le sujet des camarades au gnouf.

Dans la foulée des manifestions du 24 mars dernier à Ngoumou, dans une interview dans les colonnes de votre journal et sans citer de nom, il a estimé que l’actualité brûlante ne changeait rien au soutien au RDPC et à son président national. La motion de soutien a réitéré « l’attachement, la fidélité, le soutien inconditionnel et la loyauté » envers les institutions que
Paul Biya incarne avec bonheur. Et aussi vis-à-vis du projet de société destiné à la « construction d’une grande Nation camerounaise libre, prospère, unie et indivisible ».

Dans cette sortie troublante des élites de la Mefou et Akono, l’on remarque également que personne n’a eu le mauvais goût de réclamer que les présumés fautifs, toujours camarades, soient sanctionnés.

Une précaution qui honore les signataires de la motion de soutien. Parce qu’il ne faut pas insulter l’avenir. Qui sait de quoi demain sera fait. Qui sait si demain, certains des signataires de la motion de soutien du 24 mars 2018 ne vont pas se retrouver en grande difficulté. Parce que dans le lot des signataires, il y a quelques gestionnaires de fonds publics. Et personne ne peut jurer qu’ils sont blancs comme neige. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, on voudrait être vieux de quelques années, peut-être même de quelques mois.

Comme dit la Bible, que celui qui n’a jamais péché ose jeter la première pierre au fautif.

Columnist: Essingan No 00044

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